L’objet est de traiter formellement une approche historique qui soit à la fois réaliste et épique : dans une recherche d’espace qui expérimente différents modes de relation avec le public et une utilisation des technologies multimédia. La confrontation de l’acte de jeu en direct avec l’image vidéo sera étudiée dans un objectif de renforcement et non de dissémination du sens, en faisant jouer exactitude documentaire et imagination poétique. La recherche sera menée altrenativement dans l’espace d’ARTA et au studio de la Plate-Forme AST de la MSH Paris Nord (studio vidéo avec possibilités d’incrustations numériques et de montages).
Nous nous proposons de fonder le travail de l’acteur sur les questions de justesse, de vraisemblable, d’émotion, de distance et d’étrangéité, en expérimentant tour à tour ces notions dans le travail scénique et vidéographique.
L’exploration portera sur quatre œuvres, quatre « histoires » pour distinguer comme le faisait Diderot « Les conditions » : le soldat, le juge, le commerçant, le financier, le politique, l’industriel, le professeur, l’artiste, l’ouvrier, le chef de la police…
Un théâtre sans grands hommes, qui relève de l’histoire-problème, qui met en avant les relations de pouvoir, les rapports de force et traite de la question des inégalités : un théâtre où, comme au cinéma, le public peut se reconnaître dans la fable qu’on lui raconte.

PROGRAMME
L’exploration se fera autour d’extraits tirés des quatre œuvres choisies :
Jules César de Brecht, Les séquestrés d’Altona de Jean-Paul Sartre, Triptyque du pouvoir de Guy Cassiers ... (conseiller historique Gérard Noiriel).
En préalable, le vendredi 19 novembre donnera lieu à une séance inaugurale où les quatre œuvres seront présentées ainsi que la méthodologie de travail suivie et les enjeux théoriques du processus de création épique fondé sur l’articulation du texte, de la performance et de la vidéo. Gérard Noiriel fera une introduction historique.
Tous les matins, du lundi au jeudi de 10h30 à 13h :
Préparation corporelle et vocale, par Nabih Amaraoui et Marcel Bozonnet :
Il s’agit d’explorer la" multi-dimensionnalité" de deux Arts vivants que sont le théâtre et la danse. L’un fait l’apologie du verbe, l’autre l’apologie du mouvement. Ce qu’ils ont en commun, c’est l’objet "Corps", le tronc commun. Nous avons, en général, trop tendance à les dissocier. Or, le verbe et le corps conjugué peuvent donner lieu à une puissance d’interprétation formidable.
Aussi, pour chaque interprète acteur ou danseur, posséder au mieux ces outils permet de transcender son art, soi-même ainsi que la lecture du spectateur. La démarche consiste à sonder chez l’acteur, ce qui n’est pas possible de transmettre via le verbe ou de combler les vides que le verbe ne peut remplir afin de renforcer et d’élargir l’impact du message que tout interprète cherche à délivrer à ses spectateurs…
De plus, la scène est avant tout un espace à investir, tant sur le plan sonore que sur le plan physique. Il convient donc de mettre à disposition le maximum d’outils entre les mains de l’acteur pour qu’il remplisse, ou non, cet espace de rencontre que constitue la scène.
Enfin, le texte est un corps. Il a une Histoire propre caractérisée par un passé, un présent et un futur. Il a donc une part de conscient et une part d’inconscient. Le texte comme le corps a des zones d’ombre, des non dits, dont les clefs d’accès se trouvent ailleurs que dans le verbe. Le corps est une de ces clefs ».
Marcel Bozonnet poursuivra le travail engagé par Nabih Amaraoui dans la perspective d’harmoniser la parole au mouvement en conduisant chaque proposition ou intention au terme de son développement.
Les lundis, de 14h à 18h :
Initiation à l’art de la lecture à haute voix, au déchiffrage à vue de longs fragments de textes, par Marcel Bozonnet, dans un espace cadré où la disposition acteurs/public a été préalablement définie.
Les mardis et mercredis, de 14h à 18h :
Menées par Marcel Bozonnet, étude dramaturgique du texte, mises en jeu des fragments, élaborations spatiales et rythmiques de séquences en articulant vraisemblance et effet d’éloignement que procure l’Histoire, les spectateurs étant intégrés dans un dispositif spécifique de représentation. Ces séances seront suivies et accompagnées par le vidéaste.
Les jeudis, de 14h à 18h :
Travail spécifique sur l’outil vidéo mené par Marcel Bozonnet avec le vidéaste Tristan Maire et le technicien son qui auront suivi la recherche dès le mardi. Travaux en studio sur le gros plan, l’inscription documentaire (incrustations numériques). Enregistrements sonores.
Chaque vendredi, de 13h à 18h :
présentation devant tous les intervenants, des textes sus, incorporés et mis en espace.
Visionnage des rushes vidéos et prospections expérimentales en vue de combiner images et performance.
Gérard Noiriel effectue la synthèse de ce qu’il a vu, redéfinit la problématique et présente l’œuvre qui sera abordée la semaine suivante.

MOYENS PEDAGOGIQUES ET TECHNIQUES
• textes : Brecht, Sartre, Guy Cassiers ... • vidéo : caméra professionnelle numérique, projecteurs, écrans et matériel électrique pour toute la durée du stage • studio de réalisation et montage numérique (Plate-Forme AST, MSH Paris-Nord, en partenariat ARTA/Axe 1, thème 5, laboratoire d’ethnoscénologie) • photocopies, matériels sonores d’enregistrement et de diffusion, vidéo-projecteur, écran. • locations de costumes • accessoires
Maître :
19.10.2010
De
14h30 à
18h30