Le Kathakali (histoire jouée du Kérala, Inde du Sud) est un théâtre dansé classique, sacré et séculier.
Figures martiales et chorégraphiques, gymnastique des yeux et de la face d’une haute technicité, langage des gestes, ou hastamudras (Hasta : main, mudra : signe - un millier de combinaisons) et du visage, ou navarasas (nava : neuf, rasa : saveur), constituent l’ensemble d’une science de la pantomime dont les codes minutieux se réfèrent au Natyasastra, et à des traités régionaux plus récents.
Conçus, pour engendrer un plaisir esthétique et émotionnel partagé, les neuf navarasas (amour, ironie, compassion, fierté, colère, peur, répulsion, émerveillement, sérénité) sont la clé de voûte du langage dramatique qui associe distanciation et identification.

Il était une fois deux familles déchirées au sein d’un même clan : les Pandavas et les Kauravas. Au nombre de cent, les Kauravas étaient les fils du roi aveugle Dhritarastra. Comme ce dernier ne pouvait régner, c’est son frère Pandu qui gouvernait en son nom. Pandu avait cinq fils : les Pandavas. Tous les fils de Pandu étaient d’origine semi-divine. L’aîné, Yudishthira, homme probe et vertueux, était issu de Dharma, dieu de la vertu ; Bhima le vaillant guerrier était issu de Bayu, dieu du vent ; Arjuna, l’incomparable archer, d’Indra, dieu de la pluie ; les jumeaux Nakula et Sahadeva étaient quant à eux nés des jumeaux célestes Asvin. La seconde épouse de Pandu donna également naissance à Karna, conçu par le dieu du soleil Surya, mais son origine resta secrète et Karana rejoignit les Kauravas. Il deviendra leur chef de guerre et l’adversaire principal de son demi-frère Arjuna. Pendant le règne de Pandu, les cousins grandirent ensemble.
À chaque tournoi opposant les deux clans, les Pandavas étaient victorieux. Le ressentiment et le désir de revanche des Kauravas grandirent avec les années. Pour comble, à la mort de Pandu, le vieux roi aveugle désigna pour lui succéder Yudishthira, l’aîné des Pandavas, qu’il préféra à son propre fils Duryodhana, ce qui acheva de le consumer de jalousie. Déterminé à obtenir la ruine des Pandavas, Duryodhana obtint l’aide d’un prince qui partageait sa haine – Sakuni, qui savait très bien piper les dés. Il se trouve que Yudishthira adorait le jeu. Sakuni défia ce dernier, qui commença à perdre une à une chaque partie de dés. Entêté, Yudishthira augmentait chaque fois sa mise. Mais il perdit absolument tout : richesse, étalons, éléphants, esclaves, possessions, enfin, son royaume même. Il finit par mettre sa propre personne en jeu. Puis, il misa ses frères, et enfin la princesse Draupadi. Ayant tout perdu contre Sakuni, les Pandavas allaient donc devenir les esclaves de Duryodhana. Mais son père, Dhritarastra, fit adoucir leur peine en un exil de treize ans. Si l’on découvrait leur identité pendant la dernière année, ils seraient condamnés à douze années d’exil supplémentaires…
Maître :
31.05.2012
De
14h00 à
18h00