EDITORIAL

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Faire autre chose, tout autre chose, recommencer, sortir de l’isolement, s’entraîner, se mettre à l’école... 
Située un peu à l’écart de la ville, proche des cinq théâtres de la Cartoucherie, dont elle partage l’esprit, la maison d’ARTA entend être ce lieu d’école, ouvert aussi bien aux acteurs, qu’aux danseurs, chanteurs, français ou étrangers de tous les horizons, de formations initiales les plus diverses. 
Car le théâtre dont nous rêvons ferait naître un acteur, qui serait à la fois poète et improvisateur, pouvant chanter, danser, manier les armes, être acrobate, tout en sachant bien sûr jouer. C’est pourquoi nous tendons des passerelles entre les traditions spectaculaires de chaque continent, notamment asiatique, pour développer les apprentissages, susciter des rencontres, inviter à découvrir concrètement d’autres modes de travail...
Nous invitons ainsi les grands maîtres à y donner des stages, pendant un mois, hors de tout impératif de production.
Depuis un an, nous menons également à intervalles réguliers des ateliers d’une semaine, en vue d’approfondir ou de développer avec les mêmes acteurs une recherche initiée au cours d’un stage.

Deux projets de recherche collective ont ainsi été lancés.
Le premier poursuit la recherche sur le jeu épique entreprise avec les maîtres de l’opéra de Pékin Pei Yanling et Guo Jingchun. Les techniques du théâtre chinois classique, Bertolt Brecht et Charlie Chaplin sont ici nos références.
Le second projet est issu du travail engagé avec Anatoli Vassiliev et Natalia Zvereva. Il porte sur l’exploration scénique des univers de Dostoïevski et Gogol, à la lueur de la démarche, initiée par Stanislavski et ses héritiers, de l’école russe d’acteurs.


Citons, en écho aux écoles orientales, ce propos de Michael Tchekhov* :
"L’acteur doit être sensible à la présence plastique de son corps, ainsi qu’au tracé de son mouvement dans l’espace. 
Comme un chorégraphe ou un sculpteur, l’acteur modèle des formes. 
Quand il arrive à en prendre conscience, il augmente ses possibilités expressives.
"

*Cité le 1er février 1999 par Nikolaï Karpov lors de sa séance introductive d’atelier à ARTA.

 

Lucia Bensasson et Jean-François Dusigne  



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