| Tout au fil du XXème siècle, le
masque aura été associé aux recherches de l’acteur moderne. Que ce soit
sur les scènes anglaises, françaises, russes ou italiennes, des
personnalités telles que Craig, Copeau, Meyerhold ou Artaud auront appelé
à recourir aux principes du jeu masqué pour retrouver sur scène un langage
total, où l’acteur ne serait plus prisonnier des mots.
Tout d’abord utilisé comme outil pédagogique pour libérer le potentiel
expressif de l’acteur, l’utilisation du masque aura aussi été au cœur de
la création scénique : des metteurs en scène aux esthétiques aussi
éloignées que Strehler, Mnouchkine, Brook ou Besson comptent parmi leurs
plus belles réussites des spectacles où le principe même des masques était
moteur de leur dramaturgie.
La recherche de codes de jeu oubliés en occident ont amené à se tourner
vers les traditions ancestrales du continent asiatique comme celles du
Topeng de l'île de Bali. Il importait de redécouvrir les techniques du
port du masque afin de non seulement élaborer un vocabulaire gestuel aussi
précis que maîtrisé, mais de trouver le sens du rythme.
Or, la recherche d’une dimension organique qui faisait défaut quand le
théâtre se réduisait à la seul interprétation psychologique a parfois eu
pour conséquence d’occulter le texte en réduisant celui-ci à un simple
canevas.
Plutôt que de privilégier l’un au détriment de l’autre, il paraît fertile
aujourd’hui de donner à la scène sa dimension poétique en accordant une
valeur équivalente au texte et au masque. "Les
masques balinais et la dramaturgie contemporaine" vise à
confronter l’apport des techniques traditionnelles du masque balinais,
transmises par Cristina Wistari-Formaggia, avec les propositions
dramaturgies spécifiques de Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004.
Il s’agit d’explorer cette œuvre pour en révéler scéniquement son
mouvement dramatique interne, tout en développant le registre épique de
l’acteur à travers les ressources du masque et de la parole en action.
Topeng
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Théâtre masqué, le Topeng raconte les
histoires du Babad, chronique des royaumes indigènes.
Les deux serviteurs du roi, Panasar et Wijil en sont les narrateurs.
Les différents personnages masqués reflètent la hiérarchie de la
société balinaise.
Alors que les personnages nobles appartiennent au temps passé, les
bondres, gens du peuple ont la liberté d'aller et venir entre le
passé et le présent |
- Précédent stage de
Topeng à ARTA
Cristina Wistari-Formaggia
Cristina Wistari-Formaggia,
qui est née en Italie, vit à Bali depuis 1983. Son approche du
théâtre commence par l’apprentissage du mime en Italie, pour ensuite
s’intéresser aux différentes formes de danses orientales.
Dès 1977, elle parcourt l’Asie pour découvrir ces traditions, de
transmission ancienne, qui sont toujours au coeur des différents
arts vivants.
Au Kerala, elle commence ainsi par se former pendant deux ans au
Kathakali (danse-théâtre du sud de l’Inde), auprès du maître
incontesté, Guru Gopinath.
C’est après avoir découvert auprès de
I Made Djimat l’art du
Topeng, théâtre dansé masqué, que Cristina Wistari a décidé de
s’établir à Bali. Après s’être initiée au Gambuh, danse de cour
datant du XVeme siècle, ainsi qu’au Calonarang, danse-théâtre
magique, elle commence en 1985 à participer aux cérémonies du
temple.
En 1995, elle se joint au Theatrum Mundi, compagnie internationale
dirigée par Eugenio Barba, fondateur de l’ISTA, International School
of Theatre Anthropology. Un projet multiculturel réunissant des
artistes des différents continents est actuellement en cours de
réalisation autour du thème d’Hamlet.
En 1998, elle fonde le Topeng Shakti, la première troupe de Topeng
où non seulement les danses mais le gamelan ( l’orchestre) sont
joués par des femmes,
Ainsi, depuis une vingtaine d’années, Cristina Wistari partage son
temps entre les représentations et ateliers tant à Bali qu’à travers
le monde, et la recherche qu’elle déploie pour préserver et enrichir
le Gambuh, la plus ancienne forme de danse théâtre balinais, auquel
elle a notamment consacré un ouvrage de référence : Gambuh, Jakarta,
Editions Lontar, 2000, 2 vol. |
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