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Le Livre de l’Amour est le troisième volet
lyrique du Tirukkural, classique le plus populaire de la
littérature tamoule. Composée de deux cent cinquante distiques (vers
doubles), cette œuvre de Tiruvalluvar date du 4ème siècle
environ. Avec la musique et la danse, la poésie est ici inséparable de
l’action théâtrale. Le Livre de l’Amour se présente en effet sous une
forme dramatique : c’est toujours un personnage qui parle tantôt à
l’amant ou l’amante, tantôt à la cantonade. Le vers peut également
prendre la tournure de l’aparté.
Au service de l’exaltation du désir, la rhétorique amoureuse développe
de subtiles stratégies, proches du marivaudage, déclinant tour à tour
les gammes de la séduction, de la jalousie, de la bouderie, de la
dispute, et pour finir de la réconciliation.
L’assemblage des strophes permet d’ébaucher de multiples dialogues.
Selon l’ordre choisi pour les dire, différentes situations surgissent,
en filigrane.
Les paroles laissent entrevoir les regards qui se croisent, les gestes
furtifs pour attirer ou repousser, les mouvements d’approche ou de
recul, l’élan qui suit l’appréhension, ou bien encore le frémissement
des corps qui se joignent, quand les esprits s’égarent…
Ainsi, telle une maquette à monter, le Livre de l’Amour offre aux
acteurs la matière poétique d’une variété infinie de combinaisons
dramatiques. |
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