Le théâtre musical russe
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Branche
de l’école russe d’acteurs, le théâtre musical tire ses ressources
d’une tradition chantée fortement ancrée dans la vie populaire. Associant le
texte à une partition, il aspire à la symbiose organique des matériaux
dramatique et musical.
Le
théâtre musical est enseigné au GITIS, l’académie d’art dramatique la
plus prestigieuse de Moscou. Il découle des dernières recherches menées par
Stanislavski, au sein de son studio musical. Passionné d’opéra, Stanislavski
s’est beaucoup intéressé aux questions de l’interprétation lyrique. En
retour, ses recherches sur le tempo-rythme visaient à développer chez
l’acteur de théâtre un plus grand sens de la musicalité intérieure du rôle.
En ce sens, Stanislavski a rejoint Meyerhold. L’approche
rythmique et musicale du rôle permet d’emblée de ne pas s’en tenir au sens
littéral des mots. Pour autant, le travail ne néglige pas l’analyse du
texte. Le théâtre musical russe a ainsi recours à une démarche de création
spécifique qui le distingue de l’opéra-comique ou de la comédie musicale. Il
s’agit tout d’abord de préciser pas à pas les intentions de chaque
personnage pour éclairer ce qui se joue, entre les mots. Au fil des situations,
on détermine ainsi les objectifs poursuivis par les différents protagonistes,
ce qui conduit à déterminer respectivement leur ligne d’actions physiques.
Or, toute action, même la plus infime, engage le corps dans un certain type de
tension. Selon la nature de l’événement rencontré, le cœur bat plus ou
moins vite. Et toute modification de l’état intérieur entraîne un
changement de rythme. On
en vient à parler de musique intérieure. Son écriture est concrète, elle
peut se chanter. On orchestre ainsi la trajectoire de chaque rôle en fonction
de l’évolution dramatique d’ensemble.
J.F. Dusigne |
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L’exploration
d’Oncle Vania s’appuiera
sur une analyse en profondeur des thèmes ; l’étude du mouvement
dramatique conduira à l’élaboration commune d’une partition
musicale. Créant une atmosphère autour de l’œuvre de Tchékhov, la
musique pourra aussi prendre sur elle une part de la tension dramatique
ou agir en sous-texte. Sa composition tentera ainsi de susciter une
compréhension nouvelle de l’action et de la présence scénique, ce
qu’un chanteur d’habitude n’aborde pas. La
recherche de la meilleure conjonction entre émission vocale et action
physique conduira à valoriser la coloration du son, à s’imprégner
des sensations du rythme, à prendre conscience de la plasticité du
mouvement, à se rendre plus réceptif aux différents modes de rapport
au partenaire, à l’espace, au temps. On
mesurera dès lors combien toutes les structures dramatiques
correspondent chez Tchekhov à une forme musicale, notamment la sonate. En
tenant le rythme du rôle, en chantant ses états d’âme, l’acteur
est guidé par le souffle intérieur de son personnage. L’enchaînement
des actions, leur pulsation selon un tempo-rythme bien précis aide à
imprégner le parcours émotionnel dans la mémoire du corps. |
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Oleg
Koudriachov,
docteur en sciences de l’art, est diplômé de mise en scène de
l’institut d’Art Théâtral de Moscou en 1967. Il a été élève de
Maria Knebel, disciple de Stanislavski. Professeur au GITIS de Moscou
depuis 1970, il y a créé la classe de
Théâtre Musical. Parallèlement à son travail pédagogique, il signe de nombreuses mises en scène dans toute la Russie. Pendant plusieurs années, il occupe le poste de directeur artistique du Théâtre Musical « Third Branch » à Moscou. En 1988, il met en scène "La Punaise" d’après Maïakovski qui remportera un immense succès à travers le monde et notamment en France. Cette pièce est un exemple type du Théâtre Musical russe. Oleg Koudriachov est par ailleurs auteur de nombreux ouvrages et articles sur l’histoire du théâtre russe. |
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Tatiana
Agaeva
directrice musicale de l’Académie théâtrale issue d’Eugène
Vakhtangov, est également professeur à l’Université des Arts du Théâtre
fondée par B. Schukin. En 1971, elle reçoit le diplôme d’honneur de
la Gnesinsi Université de Musique. Depuis trente ans, son expérience artistique et pédagogique qui s’étend du théâtre au cinéma, l’a amené à travailler avec les plus grands metteurs en scène russes tel Piotr Fomenko. Elle dirige la partie musicale d’une « mouette » révolutionnaire dirigée par un jeune metteur en scène venu de Kiev, élève de Vassiliev, et créée à Moscou en juin 2001. |
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Marina Souvorova a été formée à l'Ecole M.Y Rodionova (disciple d'Isadora Duncan). Elle a travaillé comme danseuse de ballet dans la compagnie Younost avant d'entrer au GITIS comme maitre de ballet.
Elle signe plus de vingt chorégraphie et collabore à de nombreux spectacles musicaux dans les théâtres de Moscou. Elle dirige elle-même plus de cinquante pièces en Russie, à Moscou, Ekaterinbourg, Kemerowo, etc... Elle a aussi travaillé pour le cinéma en participant à plusieurs films musicaux avec S.Droujinine, E.Guinzburg et A. Sourikov.
Depuis 1989, elle travaille à l'Institut Gnesinsi et au GITIS comme maitre de ballet, directrice et professeur de danse. |
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