Shakespeare et  l'Opéra de Pékin


 

La créativité est un processus circulaire

Au départ j’ai surtout voulu rompre avec les conventions du thêatre traditionnel chinois  et moderniser 
l’art ancien par le biais de certains éléments et de certaines techniques empruntées au thêatre occidental.
Or,au fur et à mesure que je prenais de l’assurance, grâce, entre autres, à la reconnaissance internationale du Thêatre de la Légende Contemporaine, il m’apparût soudain que l’opéra chinois, avec son style si unique de
performance avait quelque chose d’important à donner, à faire partager au reste du monde.
Après quelques années de tâtonnements, d’ingestion, de tri, la "voie à sens unique" originelle 
(c’est à dire l’opéra chinois comme fondement et le thêatre occidental comme source d’inspiration )
s’est peu à peu transformée en "voie à double sens" (les deux fonctionnant à la fois comme fondement et source). 
Et c’est ainsi que le chemin que prend le Thêatre de la Légende Contemporaine aujourd’hui est
double, celui d’un va et vient entre la tradition et la modernité.
La créativité est un processus circulaire, la civilisation suit ce mouvement en allant vers l’avant. 
Tous les artistes se nourissent des fruits de la civilisation, et leurs œuvres en retour  alimentent ses racines.

WU  Hsing-kuo


 

WU  Hsing-kuo et   Le Thêatre de la Légende Contemporaine



Le Thêatre de la Légende Contemporaine  (T L C) a été fondé en 1986 par un groupe d’amateurs de l’opéra chinois et de passionnés des arts qui désiraient faire revivre le chant, la déclamation, la performance et l’acrobatie traditionnelles dans le cadre d’un théâtre moderne.
Leur but est d’insuffler une nouvelle vie à l’opéra chinois et de tracer une nouvelle voie pour les arts dramatiques traditionnels. Pour y parvenir ils ont opté pour trois moyens :
- l’adaptation de pièces de théâtre occidentales, l’appropriation des formes, du contenu et de la théorie du théâtre occidental
- les recherches dans le matériau mythologique
- puiser l’inspiration créatrice dans la vie quotidienne de personnes contemporaines vivant dans le monde actuel.
Le T L C a présenté sa première pièce, «  Le royaume des désirs » le 10 décembre 1986, au Taipei Social Education Hall .Il s’agit du Macbeth de Shakespeare adapté par Lee, Huey-Ming,qui utilise la perspective et l’éthique chinoises pour raconter une histoire venue du monde occidental.

La mise en scène utilise l’ensemble du répertoire de l’opéra traditionnel chinois, y compris ses danses et son théâtre.
On y trouve tout aussi bien des effets spéciaux et des références au cinéma contemporain.
« Le royaume du désir » loin d’être anti-tradition, cherche plutôt à lui redonner un nouveau souffle, et à repousser les frontières du théâtre chinois. Nous appartenons à la fois au passé et au présent. C’est pourquoi nous nous appelons le théâtre de la légende contemporaine. Si notre atout principal ne réside pas dans notre budget, il est par contre dans le dévouement de ses membres et de ses partisans, qui rendent possibles des représentations dans des conditions budgétaires plus que minimales. Si « Le royaume du désir » a rencontré un certain succès, cela ne veut pas dire pour autant que notre tâche est achevée. Depuis trois ans nous ne cessons d’explorer de nouvelles contrées. Nous ne relâchons pas nos efforts, tant sur le plan administratif qu’artistique, pour donner aux acteurs professionnels de Taïwan une véritable image de marque. C’est dans cette optique que nous avons entrepris l’adaptation d’une autre pièce de Shakespeare, « Hamlet », par le célèbre auteur,Wang, An Chyi et qui s’appellera « Guerre et Eternité ».En mars 1990 les cinq premières représentations ont totalisé 7000 entrées, preuve s’il en fallait de l’attrait unique du théâtre chinois


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