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Sotigui Kouyaté est né à Bamako (Mali), dans une famille
de Griot. Dans la société ouest africaine, les griots assument
traditionnellement les fonctions de mémoire, de conciliation et
d'expression artistique auprès des grandes familles et dans les
circonstances importantes. Sotigui Kouyaté a inscrit sa carrière
dans la continuité de cette tradition qui remonte au XIe siècle,
à l'époque où le Burkina Faso ne constituait qu'une
partie de l'empire mandingue avec le Niger, le Mali, le Sénégal
et la Guinée. Aussi loin que remonte sa mémoire et donc celle,
collective, de sa famille, son premier ancêtre était un arabe
qui ne fit rien moins que de mettre en déroute le prophète
Mahomet et de boire son sang.
Les Kouyaté constituent la plus grande lignée des
griots du Burkina Faso, celle des Djéli (ce qui signifie sang)
Le Griot ne connaît pas les frontières, il est le
réconciliateur, le médiateur. Chaque fois que Sotigui
arrive à Ouahabou, village où il a été initié,
il va signaler sa présence au Sage avant d'entreprendre quoi que
ce soit.
" Le respect et la politesse sont des gestes absolument sacrés.
Dans la tradition, quand tu salues un vieux que tu te dois de respecter,
il se met par terre. C'est là un geste d'humilité. Cela signifie
que l'on ne s'agrandit pas par soi-même, mais par les autres. Penser
que l'on est le plus vil des hommes est le sommet de la spiritualité"
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