La pratique fondamentale autour de l’analyse-action de Maria Knebel

 Anatoli Vassiliev

 

Qui fut Maria Knebel ?

Comédienne, Maria Knebel devient metteur en scène en 1935, à une époque où cette fonction était rarement dévolue à une femme. Stanislavski fait appel à elle en 1936 pour enseigner à ses côtés et l'assister. Il mettait alors au point les méthodes des "actions physiques" et de « l'analyse-action », développait le travail par études et improvisations.
Dès 1954, Maria Knebel commence à exposer et synthétiser, dans Le Verbe dans l'art de l'acteur, des pans entiers du travail de Stanislavski, dont ses dernières avancées méthodologiques. Cet ouvrage, bientôt suivi de L'Analyse par l'action de la pièce et du rôle, devient vite le manuel de référence de plusieurs générations de praticiens de théâtre russes pour comprendre le système stanislavskien.
Prenant appui sur de nombreux souvenirs de cours ou de conversations avec le cofondateur du Théâtre d'Art, elle passe aisément de ces anecdotes à une mise en perspective théorique du jeu de l'acteur où se mêlent travail psychique et travail physique dans une constante recherche créative.

Maria Knebel (5e en partant de la gauche)

 

Anatoli Vassiliev

Né le 4 mai 1942 à Danilovka en URSS, Anatoli Vassiliev est considéré comme le plus grand metteur en scène russe actuel ; il est également réalisateur de films pour la télévision et surtout pédagogue.


Anatoli Vassiliev entre en 1968 à la Faculté de Mise en Scène du conservatoire d’État d’art dramatique Lounatcharski de Moscou (le GITIS) où il va suivre les cours d’Andréi Popov et de Maria Knebel. Il s’est formé aux méthodes de Stanislavski.

Dans les années 70, il partage les difficultés des jeunes metteurs en scène sans lieu fixe dans un réseau théâtral bloqué. Son premier grand succès de metteur en scène, en 1973, est La première saison de Vassa Jeleznova de M.Gorki, qu’il met en scène au Théâtre Stanislavski de Moscou tout comme l’année suivante La Femme adulte du jeune homme de Slavkine, spectacle qui remporte un succès phénoménal. Pour ces deux pièces, Vassiliev s’entoure d’une troupe de comédiens, Lioudmila Poliakova, Boris Romanov, Youri Grebenschikov, Albert Folizov, Vassili Botcharev, noyau dur de ce qui sera sa troupe permanente.

Vassiliev y développe alors les principes fondamentaux de sa démarche artistique :
J’ai compris que le théâtre n’est pas juste quand on prend une pièce, qu’on répartit les rôles et qu’on sort un spectacle. Il faut choisir des thèmes, inventer une multitude de compositions inutiles et rechercher au sein de compositions et répétitions sur des thèmes donnés l’unique variante de la représentation à venir”. “Anatoli Vassiliev soumet Molière à l’épreuve des arts martiaux”, in Le Monde, vendredi 25 juillet 1997.

Contrainte de quitter au début des années 80 le théâtre Stanislavski, la troupe se retrouve au Théâtre Taganka à Moscou où le directeur artistique, Youri Lioubimov, met à leur disposition la salle de répétition où ils travaillent une nouvelle pièce de Slavkine Le Cerceau.
La première du Cerceau, en juillet 1985, est un triomphe. La pièce est élue par la revue “la vie théâtrale” meilleur spectacle de la saison 1985-1986. Pourtant ce spectacle va marquer une rupture dans le travail de Vassiliev.
Conscient d’avoir épuisé toutes les possibilités de sa méthode, décidé à quitter le théâtre de répertoire, Vassiliev se lance dans une nouvelle aventure. Il fonde sa propre école où il élabore une véritable théorie, une méthodologie, permettant de faire ce qu’il nomme du “métathéâtre” ; “mon style consiste à explorer la métaphysique de la vie” explique-t-il alors.
A la base de cette école, se trouve l’idée du renouvellement professionnel permanent. La recherche d’une nouvelle esthétique théâtrale l’amène à mettre en place un théâtre laboratoire de recherches quotidiennes : “Mon école est une sorte d’école primaire de l’art dramatique, où ce dernier est appelé à créer un univers artistique sur scène... à l’instar de l’univers de Picasso et de Vinci, aussi peu semblables fussent-ils, qui naissait dans le cadre rectangulaire de leurs toiles...Est-ce interdit?” Portrait d’un homme fantasque”, in Théâtre Soviétique, n°4, Moscou, 1988, p.8
Se mettent en place des séminaires d’études et de recherches du Laboratoire appliquées dans les spectacles, les répétitions ouvertes dédiées à un seul auteur, une œuvre ou à un thème. Dans le laboratoire, les comédiens ne répètent pas un rôle, ils sont en recherche, explorent une méthode, cherchent comment parler, agir.

 

Le théâtre “École d’Art Dramatique” ouvre donc ses portes en 1987 par la présentation de la pièce de Luigi Pirandello Six Personnages en quête d’auteur.
Vassiliev poursuit son travail dans ce théâtre et monte Ce soir on improvise de Pirandello. Il reçoit la même année avec Giorgio Strehler à Taormina le Prix Europe qui récompense “la nouvelle réalité du théâtre européen”.
Après un travail avec ses élèves autour de Thomas Mann et de L’idiot de Dostoïevski et de Pouchkine, Vassiliev monte en 1992, Le Bal Masqué de Lermontov à la Comédie Française et à Rome en 1993, A Chacun sa vérité de L.Pirandello ou Leçons de mise en scène d’A.Vassiliev.
Il monte différents spectacles joués en Russie mais aussi dans tous les pays du monde, comme, en 1993, Fiorenza et Joseph et ses frères de Thomas Mann ; en 1994, Amphitryon de Molière ; en 1997, Les Lamentations de Jérémie qui sera joué au festival d’Avignon, en Italie et à Hebbeltheater à Berlin. Ce dernier spectacle qui a reçu, par ailleurs, le Prix national de la Russie “Masque d’Or” pour le meilleur spectacle et la meilleure scénographie. Don Juan ou le Convive de Pierre de Pouchkine présenté en 1998 à la Cartoucherie de Vincennes, lieu qu’il apprécie particulièrement : “Le Théâtre du Soleil est un merveilleux atelier de création, un lieu de vie, où on ne sent pas l’odeur de répertoire. Je me sens proche de la manière dont on y travaille, jusqu’à celle dont Ariane Mnouchkine accueille les gens à l’entrée, et même dans le simple geste de déchirer les billets. Jamais je n’aurais osé rêver y jouer un jour”. Il a également monté Le Songe de l’Oncle de Dostoïevski en 1994 à Budapest, La Dame de Pique de Tchaïkovski en 1996 à Weimar, Les Coupables Innocents d’Ostrovski en 1998 en Hongie, Mozart et Salieri en 2000, Materiau-Médée de Heiner Müller en 2001.

Parallèlement à son travail de metteur en scène, Anatoli Vassiliev a animé plusieurs ateliers de pédagogie théâtrale francophone, comme en 1992, au Centre International des Formations en Arts du Spectacle avec Le Bal Masqué de Lermontov. En 1995, il dirige une masterclass auprès du CFPTS, à Bagnolet, en travaillant sur la Mouette de Tchekhov, L’Idiot et les Démons de Dostoïevski. En 1997, il monte avec ses comédiens italiens, français et belges Le Joueur de Dostoïevski à Fagagna en Italie.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont A propos de Bal masqué et Sept ou huit leçons de théâtre (éditions P.O.L)

En 2005, il a présenté Médée-Matériau au Théâtre des Amandiers de Nanterre. En 2006, il présente à l’Odéon Iz Poutechestviya Oneguina (« du voyage d’Onéguine ») d’après Pouchkine et Tchaïkovski et est invité au festival d’Avignon pour y présenter Mozart et Salieri et L’Iliade.

 

Valérie Dréville  (entrainement verbal)

Après son parcours de comédienne mené avec Antoine Vitez, Valérie Dréville a rencontré Anatoli Vassiliev en 1992 lors du Bal masqué de Lermontov, qu’il mit en scène au Français. Cette rencontre fut pour elle déterminante car la démarche de Vassiliev lui semblait ouvrir des horizons insoupçonnés par ses questionnements renouvelés sur le sens d’être acteur. Depuis quelques années, elle se rend régulièrement en Russie pour travailler avec Anatoli Vassiliev et sa troupe. Leur dernier spectacle, Matériau-Médée de Heiner Müller, a été créé en 2001 à Moscou, et tourne depuis dans le monde entier (Paris, Avignon, Rennes, Espagne, Italie, Grèce, Pays-Bas...). Invité en 2002 à monter Amphitryon de Molière à la Comédie-Française, Vassiliev a alors confié à Valérie Dréville le travail de technique verbale auprès des acteurs. En 2007, Vassiliev la mettra à nouveau en scène dans Thérèse à l’Odéon.

 

François Liu et Gilles Delattre  (entrainement physique)

François LIU
Maître LIU Kuang-Chi (alias François LIU), est enseignant de Wu-Su (Tai Chi Chuan et Nei-Kung) diplômé à Taiwan, professeur de Tai-Chi & Nei-Kung au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris et dans le 18ème arrondissement.
Il a notamment entraîné les acteurs de la Comédie-Française lors de la mise en scène par Anatoli Vassiliev de la pièce de Molière Amphitryon en 2002.

Gilles DELATTRE
Acteur depuis 1995, formé aux arts martiaux (ceinture noire de judo), il participe en 2002 à la création d’Amphitryon .
C’est là qu’il rencontre François Liu et poursuit depuis une formation de Tai Chi Chuan. En juillet 2006, il obtient un diplôme d’enseignant de Wu-Su à Taiwan

 

Natacha Isaeva  (interprète)

Anciennement membre de l’Académie des Sciences de Moscou, Natacha Isaeva est coordinatrice du Département de formation et de recherche à la mise en scène de l’ENSATT.

 


/ ARTA / Association / Saison / Inscriptions / Stages / E-mail / Publications / Bibliothèque /