Le Prisme et le Nerf

Du 22 février au 5 mars 2021

Stage dirigé par Dieudonné Niangouna

Introduction

Après des longues années de stages qui m’ont permis de m’enseigner à moi-même la poétique de l’indicible à travers les stagiaires ; j’ai eu à livrer la création de TRUST /SHAKESPEARE/ ALLÉLUIA en octobre 2019. C’est une étape qui s’est fermée pour me permettre d’ouvrir une nouvelle parenthèse quant à ma passion de chercher en partageant le peu que j’ai.

Je commence ici une nouvelle forme d’initiation au jeu d’acteur. Une mise en équilibre de ce que je conçois comme étant le prisme et le nerf. Je sais seulement que le temps qu’il fait autour de moi mais aussi et surtout le temps qu’il fait dans ma chair me pousse vers cette obsession ; celle de sous-tendre les écarts et non de les ignorer avec la ferme conviction d’avoir compris qu’il ne me revient pas de les opposer. En d’autres cas il arrive que le prisme soit le nerf ou que le nerf se révèle en prisme. Théâtralement je trouve ça passionnant. La passion est bien ce qui m’anime dans le théâtre. Et faire des stages, donner des ateliers, me permet d’élucider quelque chose de l’ordre d’un mystère, moi l’aveugle qui s’approche dans la nuit, d’étudier cette passion, de mieux la comprendre pour ne pas l’enfermer dans un model. Elle est telle un chiot sauvage qui gambade à tout va. C’est cette liberté d’expression artistique que je lui accorde. On ne peut pas seulement ÊTRE acteur, on est appelé à DEVENIR quelque chose d’autre que je ne sais pas encore en étant acteur. Et cette recherche m’ouvre aujourd’hui les voix de mon second chapitre : LE PRISME ET LE NERF.

Dieudonné Niangouna Le Kung-Fu à Montpellier

Développement

Je veux travailler sur le détournement de sens par l’acteur. Partir des textes de Heiner Müller et Sony Labou Tansi pour inventer une dérive de jeu, une avalanche de dramaturgie susceptible de tendre vers des interprétations diverses. Autour de ces interprétations nous noterons le prisme. Retirer les textes du départ (Heiner Müller et Sony Labou Tansi) en laissant fonctionner le prisme, seul, jusqu’à lui donner une dimension réellement autonome. Les véritables textes du stage sortiront des situations éprouvées pendant cette première opération.

En un deuxième temps, je veux emmener les acteurs à se perdre dans leurs textes accouchés par le prisme : parcours dramatique embrouillé, trame noyée, confusion oblige. Cela se fera à travers différents exercices de type parasites. L’exercice aura pour but d’épurer tout mécanisme empruntés depuis le début de la première étape pour ne laisser que les réminiscences s’exprimer. De cette trace vivante l’acteur se devrait de saisir son monologue intérieur et de le livrer.

La troisième étape du stage s’ouvrira sur l’équilibre. Les monologues intérieurs seront invités dans un jeu hors contexte, susceptible de fonctionner comme un mécanisme hors d’usage. Il serait question de saisir l’instant critique, le trait d’union, la distance qui sépare le texte du contexte jeu. Puis de demeurer dans cet écart pour faire jouer le prisme et le nerf. Au milieu l’acteur, non le personnage.

La dernière étape sera consacrée à travailler sur des systèmes de narration parallèle. Après lecture du « Théâtre et son double » de Antonin Artaud, nous allons essayé de provoquer « L’acteur vu par un autre » et voir se permuter le prisme et le nerf et vice-versa. Pour ce faire je vais partir de ce qui inspire l’acteur en terme de jeu. L’acteur A jouera son émoi pendant que l’acteur B portera le monologue intérieur de l’acteur A. Puis les couples se permuteront, se multiplieront jusqu’à la salve de fin qui restituera une seule et même partition invitant tous les acteurs sur le même fil dramatique.

Dieudonné Niangouna Dieudonné Niangouna dirigeant dirigeant Prospéro (Récréatrales 2018)

Conclusion

Pour réussir cette expérience, il me paraît évident d’avoir des acteurs qui ont un goût de la recherche, une sensibilité à la poésie, un appétit de l’altérité, un sens aigu de l’esprit de contradiction , et quelques facultés en écriture. Pas forcément qu’ils soient auteurs mais qu’ils sachent bien tenir la plume et aimer ça. Car le passage de la scène à l’écriture se fera de façon simultanée, en continue, du premier au dernier jour du stage. La relation au corps étant physiquement ce qui défini le mieux mon geste artistique, il s’impose que les acteurs soient de nature vaillante, de corps valide, et de santé appréciable. L’élan du mouvement corporel aux mouvements du texte se déploiera sous une même charge émotionnelle. À ce titre les acteurs-danseurs et les danseurs-musiciens sont autant les bienvenus que les comédiens-sportifs et les acteurs-circassiens ; soulignant que leur relation à la poésie et à l’écriture doit avant tout être appréciable. Et pour finir, la musique, comme toujours en ce qui me concerne jouera son rôle de régulateur. Qu’elle soit jouée par des stagiaires ou diffusée à partir de mon ordinateur, la sensibilité des acteurs doit s’apprêter à savoir travailler avec.

Prix

600 € (individuel) / 1200 € (organisme)

« Le prisme et le nerf c’est la naissance. »

— TRUST/ SHAKESPEARE/ ALLÉLUIA

Dieudonné Niangouna

Biographie

Auteur, metteur en scène, comédien et pédagogue, Dieudonné Niangouna crée la Compagnie Les Bruits de la Rue en 1997 à Brazzaville, sa ville natale. Ses premiers projets trouvent d’abord un écho dans les rues, en dehors des théâtres détruits par la guerre. Ils signent alors ses premières pièces : La Colère d’AfriqueBye-ByeCarré blanc qui le fera connaître en France en 2002 au Festival des Francophonies en Limousin à Limoges, Patati Patata et des Tralala, Intérieur-Extérieur, Banc de touche. Remarqué pour son langage provocant et explosif, Dieudonné Niangouna est invité en 2005 par la Comédie Française pour lire au Vieux Colombier son texte dramatique La mort est venue chercher chaussure.

Il se fait remarquer au Festival d’Avignon en 2007 avec Attitude Clando et en 2009 avec Les Inepties volantes. Suivent ensuite les créations du Socle des Vertiges, Shéda (créé à la Carrière de Boulbon lors du Festival d’Avignon en 2013), Le Kung Fu, Nkenguégi, Antoine m’a vendu son destin / Sony chez les chiens, Trust / Shakespeare / Alléluia… Son travail rayonne désormais largement en France, mais aussi en Afrique, en Europe et en Amérique du Sud. 

En 2018, le Berliner Ensemble l’invite à écrire et monter l’un de ses textes avec la troupe du théâtre. Ce sera Fantôme qui entre ainsi au répertoire de l’institution berlinoise. 

Dieudonné Niangouna a été artiste associé à l’édition 2013 du Festival d’Avignon, puis d’octobre 2014 à mars 2017 au Künstlerhaus Mousonturm à Francfort, et en 2019 au Théâtre des Quartiers d’Ivry. Il est actuellement artiste de l’Ensemble Associé au Théâtre des 13 vents CDN Montpellier depuis 2018.

Si Dieudonné Niangouna met en scène la plupart de ses textes, il écrit aussi pour d’autres metteurs en scène ou acteurs : Étienne Minoungou, Frédéric Fisbach…  

Ses textes sont publiés aux Éditions Les Solitaires Intempestifs et Carnets-Livres. Sa pièce M’appelle Mohamed Ali reçoit en 2015 le Prix littéraire des apprentis et lycéens en Île-de-France. 

Il est aussi le co-fondateur en 2003 du Festival Mantsina-sur-Scène, manifestation pluridisciplinaire du spectacle vivant qui se tient chaque mois de décembre à Brazzaville, infusant la ville de propositions artistiques audacieuses, dans les salles comme dans les rues. 

Plus d’informations sur Dieudonné Niangouna dans notre base documentaire


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